Sommaire

    L’intelligence artificielle s’impose progressivement dans le quotidien des directions RH. Mais comment est-elle réellement perçue, utilisée et projetée par les professionnels RH en Belgique et au Luxembourg ?

    Pour répondre à ces questions, nous avons mené la première édition du Baromètre IA & RH 2025 : une étude dédiée à ces deux marchés, afin de dépasser les discours théoriques et d’analyser les usages concrets, les attentes, mais aussi les freins qui structurent aujourd’hui l’adoption de l’IA dans la fonction RH.

    Cette étude a été conduite entre le 25 mai et le 15 octobre 2025 auprès de 101 professionnels des Ressources Humaines exerçant en Belgique et au Luxembourg. Le panel interrogé reflète la richesse linguistique et culturelle du territoire, avec 71% de répondants francophones, 27% néerlandophones et 2% anglophones. Les profils sont majoritairement expérimentés : 61% des répondants disposent de plus de dix ans d’expérience RH, 21% entre six et dix ans, et 13% moins de trois ans d’ancienneté.

    Reposant sur 22 questions, le baromètre explore la perception de l’intelligence artificielle, les usages déjà en place, le niveau de maturité digitale des fonctions RH, les freins identifiés ainsi que les perspectives d’évolution à court terme. Il propose ainsi un état des lieux fidèle, structuré et nuancé de la place qu’occupe l’IA dans les pratiques RH en Belgique et au Luxembourg en 2025, et pose les bases d’une réflexion éclairée sur les transformations à venir.

    Point clé n°1 – IA et RH : une perception très largement positive, sans vision idéalisée

    L’intelligence artificielle est aujourd’hui clairement acceptée par les professionnels RH interrogés. 85% la considèrent comme un outil complémentaire au travail des RH, tandis que 15% y voient une opportunité de transformation de la fonction. Aucun répondant ne la perçoit comme une menace ni comme un simple phénomène de mode.

    Cette répartition traduit une posture équilibrée : l’IA est reconnue pour son potentiel, mais sans excès d’enthousiasme ni rejet. Elle est envisagée comme un levier durable d’amélioration des pratiques, et non comme une rupture radicale ou un remplacement de l’humain.

    Point clé n°2 – Un paradoxe assumé entre usage massif de l’IA et maîtrise encore partielle

    Les professionnels RH évaluent leur niveau de connaissance de l’IA à 2,57 sur 5 en moyenne, et seuls 11% s’attribuent une note de 4 ou plus.

    Pourtant, 81% des répondants déclarent utiliser déjà des outils intégrant de l’intelligence artificielle dans leur quotidien professionnel.

    Ce décalage met en lumière une réalité centrale du baromètre : l’IA progresse plus vite que la compréhension approfondie de ses mécanismes. Les RH l’utilisent de manière concrète, souvent intuitive, sans toujours en maîtriser les implications techniques, éthiques ou décisionnelles.

    Point clé n°3 – Des usages de l’IA portés majoritairement par des outils généralistes

    L’IA s’intègre aujourd’hui dans le quotidien RH principalement via des solutions non spécialisées. Les outils les plus utilisés sont :

    • ChatGPT (33%),
    • Copilot (28%),
    • DeepL Translator (23%).

    Ces usages reflètent une adoption pragmatique, guidée par l’accessibilité et l’efficacité immédiate. Dans un contexte belge et luxembourgeois multilingue, l’IA répond notamment à des besoins opérationnels concrets, comme la traduction et la production de contenus RH.

    Cette situation pose toutefois la question de l’adéquation entre ces outils généralistes et les exigences spécifiques de la fonction RH.

     

    Point clé n°4 – La donnée, principal sujet de vigilance pour les RH en matière d’IA

    La gestion des données personnelles apparaît comme l’un des freins majeurs à une adoption plus large de l’IA. Les professionnels RH manipulent quotidiennement des informations sensibles : données collaborateurs, candidatures, évaluations ou historiques de carrière.

    L’étude souligne les inquiétudes liées à la confidentialité, à la sécurité et à la fiabilité des analyses produites lorsque les outils d’IA s’appuient sur des données qui ne sont pas exclusivement internes à l’entreprise.

    Ces préoccupations traduisent une volonté claire de conserver la maîtrise de l’information et d’éviter toute perte de contrôle sur des données stratégiques.

    Point clé n°5 – Une adoption progressive de l’IA, structurée et sans précipitation

    Lorsqu’ils sont interrogés sur leur niveau de préparation à l’intégration de l’IA :

    • 33% sont en phase de réflexion,
    • 32% se disent prêts,
    • 25% étudient des solutions,
    • 10% sont déjà équipés,
    • 1% seulement se déclarent pas du tout prêts.

    Ces résultats montrent que l’IA est désormais intégrée aux réflexions stratégiques RH, mais que le passage à l’action se fait de manière progressive, mesurée et structurée.

    Point clé n°6 – Des bénéfices de l’IA clairement identifiés, mais conditionnés à la maîtrise

    Les avantages perçus de l’IA sont très largement partagés :

    • 95% citent le gain de temps,
    • 64% la modernisation des pratiques,
    • 58% la réactivité et la réponse instantanée.

    En parallèle, les principales inquiétudes portent sur la confidentialité des données, la déshumanisation des échanges et les biais ou pertes de nuances dans les décisions RH.

    Les professionnels RH se montrent donc favorables à l’IA, mais uniquement dans un cadre sécurisé et maîtrisé.

    Point clé n°7 – Des conditions claires pour instaurer la confiance en matière d’IA

    Pour lever ces freins, les répondants identifient trois leviers prioritaires :

    • la sécurité des données,
    • le contrôle des informations injectées,
    • la formation et l’accompagnement.

    Ces attentes montrent que les RH souhaitent rester pleinement acteurs de la transformation, comprendre les outils qu’ils utilisent et conserver leur capacité de discernement.

    A retenir : une fonction RH lucide face à l’IA, prête à avancer avec méthode

    À travers ces 7 points clés, le Baromètre IA & RH 2025 – Belgique & Luxembourg dessine le portrait d’une fonction RH en pleine maturité. L’IA est déjà présente dans les usages, intégrée aux pratiques, mais son déploiement futur sera guidé par la confiance, la sécurité et la montée en compétences.

    Les professionnels RH belges et luxembourgeois avancent avec pragmatisme : ils voient dans l’IA un levier d’efficacité et de modernisation, à condition qu’elle reste au service de leur mission fondamentale  : accompagner les femmes et les hommes de l’entreprise.

    Pour découvrir l’ensemble des résultats de l’étude, et notamment les tâches que les RH se disent prêts à déléguer à l’IA, téléchargez le Baromètre IA & RH – Belgique & Luxembourg 2025.